Les palettes limitées: La palette Zorn.



Les palettes limitées ne sont pas réservées aux peintres débutants. De nombreux artistes professionnels limitent le nombre de couleurs avec lequel ils travaillent. L’artiste le plus connu est peut-être Anders Zorn, un peintre suédois actif à la fin du XIXe siècle et au début du XXe qui a développé une palette de couleurs qui porte son nom. Cet autoportrait de 1896 a été réalisé avec la « palette Zorn » en quatre couleurs, que l’on peut également voir dans le tableau.








Bien que les érudits aient débattu des couleurs exactes utilisées par l’artiste, la palette Zorn est souvent considérée comme étant composée d’ocre jaune, de vermillon, de noir ivoire et de blanc. Certains croient qu’il a utilisé du rouge de cadmium plutôt que du vermillon ; quoi qu’il en soit, le rouge de cadmium est un substitut moderne au vermillon, qui est toxique.

Ces quatre pigments sont capables de faire une gamme complète de couleurs, malgré le fait que la palette ne contient pas de bleu. La nuance bleuâtre du noir ivoire lui permet d’agir comme un bleu ; il peut être mélangé avec du vermillon pour créer des violets sourds, et avec de l’ocre jaune pour suggérer le vert. La palette Zorn est également efficace pour créer de riches couleurs sombres et de beaux gris. 



La palette Zorn donne lieu à des peintures subtiles et tonales, mais elle peut ne pas satisfaire les artistes passionnés par la couleur. Même Zorn lui-même ne l’utilisait pas exclusivement.

Quelques toiles de l’artiste avec la palette à quatre couleurs.



« Anders Leonard Zorn, né à Mora (Suède) le 18 février 1860 et mort à Stockholm le 22 août 1920, est un peintre, graveur et sculpteur suédois.
Son originalité se manifeste dans une œuvre marquée par la vie et les atmosphères. Il est connu pour ses peintures liées de la campagne suédoise, par ses portraits et par ses nus ainsi que par ses représentations de l’eau. Il est avec Carl Larsson* le peintre le plus populaire de Suède.
Un musée, abritant la colection Zorn, lui est consacré à Mora. »

 
D'origine modeste, il s'intéresse très tôt à la sculpture. Il étudie cette technique à l'Académie des beaux-arts de Stockholm, de 1879 à 1881, puis se décide à se lancer dans la peinture. En 1881-82, il voyage en Espagne, à Paris, expose à Londres à la Royal Academy et au Royal Institute of Painters in Water Colour de 1882 à 1884 et se rend de nouveau en Italie, en Afrique du Nord, en Hongrie, en Espagne (où il s'inspire de Velázquez). Jusqu'aux environs de 1888, il pratique presque exclusivement l'aquarelle, suivant la technique anglaise, et manifeste sa virtuosité dans ses portraits, ses paysages et ses scènes de genre. Il se montre particulièrement habile à rendre les effets mouvants de l'eau : Sur le Bosphore (1886, Mora, musée Zorn), Clapotis (1887, Copenhague, S. M. I. K.). De 1888 à 1896, il vit à Paris, où il peint à l'huile. Les larges touches fluides d'une palette restreinte campent des formes sommaires, mais d'une claire plasticité. Scènes de genre et portraits se distinguent par la vivacité des jeux de lumière et par l'instantané de la pose, d'où toute convention a disparu : Effet de nuit (1895, Göteborg, Konstmuseum), Portrait de Coquelin cadet (1889). Les nus aux formes généreuses, placés dans des paysages typiques, sont aussi à l'époque très appréciés : Ute (1888, musée de Malmö). À partir de 1888, il expose au Salon de la Société des artistes français, à l'Exposition universelle de Paris en 1889 et 1900, à la Société nationale des beaux-arts (dont il est membre) à partir de 1890. Devant son succès croissant, il choisit de s'installer à Mora en 1896, mais conserve son atelier à Stockholm et continue ses incessants voyages (États-Unis, Angleterre, France). Il adopte alors une manière plus décorative en cherchant les contrastes colorés : types et scènes folkloriques (Danse de la Saint-Jean, 1897, Stockholm, Nm), intérieurs et paysages avec nus, portraits dont le brio masque souvent une certaine faiblesse d'interprétation. Zorn a en outre renouvelé la gravure suédoise. À partir de 1882, il met au point une technique d'une grande maîtrise, où les hachures, plus ou moins serrées, offrent des effets de valeur richement contrastés. S'inspirant de Rembrandt, dont il collectionne planches et croquis, il laisse des portraits de personnalités célèbres, dont il saisit l'expression dans la mobilité : Renan (1892, Genève, musée d'Art et d'Histoire, cabinet des Estampes), le Collectionneur Marquand (1893), Carl Larsson (1897), Rodin (1906, id.). Son œuvre de sculpteur, plus restreint, s'inspire de Rodin et des artistes nordiques. Il a légué ses collections et ses propres œuvres au musée Zorn de Mora. Il est particulièrement bien représenté à Stockholm (Nm et Thielska Gallerie), à Copenhague (S. M. I. K.), à Berlin (N. G.) et à Hambourg (Kunsthalle), mais aussi en Italie et aux États-Unis. Le musée d'Orsay (Paris) conserve le Portrait d'Alfred Bourdeley (1906). Ce dernier a fait don de sa collection de gravures de l'artiste à la Bibliothèque nationale de Paris, qui lui a consacré une exposition en 1952. Zorn a également eu les honneurs d'importantes rétrospectives : en 1958 à Düsseldorf (Kunstmuseum), en 1960 à Stockholm (Nm) et en 1979 à Lawrence (Spencer Museum of Art, université de Kansas).

Encyclopedie Larousse.

Commentaires

Nicole N a dit…
Univers original,surprenant.
Je découvre et j'aime beaucoup.
Merci Didier.
Nicole N
Blin vero a dit…
Voilà un peintre que je découvre et de ce fait je suis allée voir ses aquarelles sur le net . C'est magnifique la façon dont il peint l'eau ....! Summer sale est l'aquarelle que je préfère. On dirait un impressionniste.
véra a dit…
j'ai été captivée par cet article , très étonnant ce qu'on peut faire avec 4 couleurs !vraiment ça m'a bp interéssée .merci didier,

Posts les plus consultés de ce blog

Max Ernst, technique du frottage

Dessin à l'encre de Chine

Pierre Bonnard

Henry Patrick Raleigh